04 mai 2008
Peu à peu les couleurs s'obscurcirent
Le soleil était descendu derrière les monts Vicentins. De grandes nuées violettes traversaient le ciel au-dessus de Venise. La tour de Saint-Marc, les coupoles de Sainte – Marie, et cette pépinière de flèches et de minarets qui s’élèvent de tous les points de la ville se dessinaient en aiguilles noires sur le ton étincelant de l’horizon. Le ciel arrivait, par une admirable dégradation de nuances, du rouge cerise au bleu de smalt ; et l’eau, calme et limpide comme une glace, recevait exactement le reflet de cette immense irisation. Au-dessous de la ville elle avait l’air d’un grand miroir de cuivre rouge. Jamais je n’ai vu Venise si belle et si féerique. Cette noire silhouette, jetée entre le ciel et l’eau ardente comme dans une mer de feu, était alors une de ces sublimes aberrations d’architecture que le poète de l’Apocalypse a dû voir flotter sur les grèves de Patmos quand il rêvait sa Jérusalem nouvelle, et qu’il la comparait à une belle épousée de la veille. Peu à peu les couleurs s‘obscurcirent, les contours devinrent plus massifs, les profondeurs plus mystérieuses. Venise prit l’aspect d’une flotte immense, puis d’un bois de hauts cyprès où les canaux s’enfonçaient comme de grands chemins de sable argenté.10:12 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, venise
08 décembre 2007
Des photographies aux allures de scènes théâtrales
Les photographies de Jean-Michel Berts ont la beauté sombre des instants éphémères.
Noir et blanc se répondent comme deux frères ennemis qui se seraient jurés un attachement éternel.
Les photographies de Jean-Michel Berts ont le goût âcre et inattendu de l'insoluble beauté de l'instant qui déjà n'est plus.
00:00 Publié dans Photographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, venise, paris, new-york


