28 avril 2009
Et il disparut par la fenêtre, sans bruit, d'un seul mouvement, un peu comme un long serpent
Quand Brown, sortant du bois, débouche sur la voie du chemin de fer, il est haletant. Ce n'est pas de fatigue bien que, en vingt-cinq minutes, il ait fait environ deux milles en terrain malaisé. C'est plutôt la respiration grondante, mauvaise, d'un animal en fuite. Debout, regardant de chaque côté les rails vides, il offre l'aspect, l'expression, d'un animal qui, fuyant seul, sans désir qu'on l'aide, cramponné à la confiance solitaire qu'il a en ses muscles, hait, au moment de reprendre haleine, chaque arbre, chaque brin d'herbe, comme si c'étaient des ennemis vivants, hait la terre même qu'il foule et l'air même dont il a besoin pour reprendre haleine.
Extrait de Lumière d'août de William Faulkner in Editions Gallimard
22:20 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature américaine, roman


