12 avril 2008
Me voici seul
12:42 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, japon, haiku
15 mars 2008
Tu as le droit d'être honnête avec toi-même
- Écoute-moi bien, Kafka Tamura, le sentiment que tu éprouves actuellement a fait l'objet de nombreuses tragédies grecques. Ce ne sont pas les humains qui choisissent leur destin mais le destin qui choisit les humains. Voilà la vision du monde essentielle de la tragédie grecque. et la tragédie - d'après Aristote - prend sa source, ironiquement, non pas dans les défauts mais dans les vertus des personnages. Tu comprends ce que je veux dire? Ce ne sont pas leurs défauts, mais leurs vertus qui entraînent les humains vers les plus grandes tragédies. Oedipe Roi, de Sophocle, en est un remarquable exemple. Ce ne sont pas sa paresse ou sa stupidité qui le mènent à la catastrophe mais son courage et son honnêteté. Il naît de ce genre de situation une ironie inévitable.
Extrait de Kafka sur le rivage de HARUKI MURAKAMI Belfond
11:03 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, japon, roman, blog
09 mars 2008
L'insouciant

Le voleur
M'a tout emporté, sauf
La lune qui était à ma fenêtre.
Ryôkan ( 1757-1831) Extrait de Poésie Japonaise in Mango
12:01 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, japon
Monochrome

Dans la plaine enneigée où toute herbe s'abolit
Le héron blanc s'est enfoui dans sa propre transparence.
Poésie de Dôgen ( 1200-1253) Extrait de Poésie Japonaise in Mango
11:53 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, japon
10 février 2008
Pour la première fois depuis longtemps , je me regardais un long moment droit dans les yeux dans le miroir
- Écoute, Hajime, je me rends très bien compte que je fais une erreur en te demandant une chose pareille. Et que c'est un fardeau trop lourd pour toi. Mais tu es la seule personne à qui je peux m'adresser. Il faut absolument que je me rende là-bas, et je ne veux pas y aller seule. Il n'y a personne d'autre que toi à qui je peux demander de m'accompagner.
Je la fixai droit dans les yeux. Ses pupilles ressemblaient à deux mares paisibles au pied d'une source de montagne jaillissant à l'ombre des rochers, deux mares protégées du moindre souffle de vent. Rien n'y bougeait, il y régnait un silence absolu. En regardant profondément dedans, il me semblait que j'allais voir apparaître l'image qui se reflétait à la surface de l'eau.
Extrait de Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de Haruki Murakami in Belfond Collection 10/18
09:55 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, japon, roman, blog
09 février 2008
Soudain la perspective s'ouvrit sur un lac
Sankichi restait à contempler les gros flocons qui disparaissaient l'un après l'autre à la surface de l'eau, quand il découvrit un mouvement sur la montagne en face. Cela s'approchait en traversant le ciel cendré: une bande d'oiseaux arrivait. Leurs grandes ailes étaient couleur de neige. Même lorsqu'ils vinrent voltiger sous les yeux de Sankichi, il n'entendit pas le moindre bruit, comme si la neige était devenue ailes. Toutes déployées, peut-être ne produisaient-elles aucun bruissement? La neige en tombant, faisait-elle flotter ces oiseaux?
Cherchant à les compter, il en trouva sept, puis onze, mais Sankichi, au lieu de s'y perdre, s'en amusait:
- Quel genre d'oiseau?... Et combien êtes-vous ?
- Nous ne sommes pas des oiseaux. Tu ne vois donc pas celles qui sont assises sur nos ailes? répondirent les oiseaux de neige.
- Ah si! J'ai compris! dit Sankichi.
Transportées ainsi par les oiseaux dans la neige, c'étaient les femmes qui l'avaient aimé. A laquelle parlerait-il en premier?
Extrait de Neige, extrait de Récits de la paume de la main de Yasunari Kawabata in Albin Michel
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27 janvier 2008
C'était juste le bruit du vent
Autrefois, dans mon adolescence, je ne photographiais que ce qui approchait de sa fin. Peau desséchée, fleur fanée, chien décharné, lézard racorni, prostituée décatie, ville délabrée...
L'appareil serré contre moi, je déambulais à l'affût d'une manifestation de la vie sur le point de s'éteindre. C'est à cette époque que l'instant qui précède la mort m'apparut dans toute sa beauté et sa fugacité. J'éprouvais de la compassion pour une fleur sauvage piétinée ou le corps d'un animal abandonné dans une ruelle. Je décorais au fur et à mesure les murs ternes de ma chambre de ces clichés.
Découvrant un jour les thèmes qui m'attiraient, mon père s'étonna.
- Mais pourquoi ne prends-tu en photo que des choses aussi sinistres?
A ses yeux, mes sujets de prédilection ne pouvaient paraître qu'étranges et singulièrement lugubres. Il était incapable de saisir la beauté qui réside dans une fleur écrasée ou le cadavre d'un animal.(...)
Pourtant il n'y avait aucune ambiguïté pour moi, je n'aimais pas la mort en soi. Je cherchais à capter quelque chose au sein même du processus de disparition. Car plus la vie s'approche de son terme, plus grandit l'intensité de chqaue instant, plus augmente la tension dramatique.
Extrait de Objectif de Hitonari Tsuji in 10/18
09:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, roman, photographie, Japon, blog
19 janvier 2008
J'éprouve une vague inquiétude
Il pleut tous les jours. C'est la saison des pluies. Je vais au laboratoire à pied. En marchand, je vois partout des hortensias en fleurs. Je m'arrête et les regarde, émerveillé par la beauté de toutes ces couleurs vives. Lorsque je trouve un escargot entre des feuilles, je me souviens de mon enfance passée avec Sono. Je lui rendais visite après l'école. Dans son petit jardin, je cherchais des escargots et les mettais dans une bouteille avec des feuilles mouillées. Je me plaisais à observer ces petites bêtes.
Je me demande: où est Sono maintenant?" Pas de nouvelles.
Extrait de Wasuranagusa de Aki Shimazaki in Leméac chez Actes Sud
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O le froid