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27 janvier 2008

C'était juste le bruit du vent

90377efb8ef28b774cce7cbc02d68e5e.jpgAutrefois, dans mon adolescence, je ne photographiais que ce qui approchait de sa fin. Peau desséchée, fleur fanée, chien décharné, lézard racorni, prostituée décatie, ville délabrée...

L'appareil serré contre moi, je déambulais à l'affût d'une manifestation de la vie sur le point de s'éteindre. C'est à cette époque que l'instant qui précède la mort m'apparut dans toute sa beauté et sa fugacité. J'éprouvais de la compassion pour une fleur sauvage piétinée ou le corps d'un animal abandonné dans une ruelle. Je décorais au fur et à mesure les murs ternes de ma chambre de ces clichés.

Découvrant un jour les thèmes qui m'attiraient, mon père s'étonna.

- Mais pourquoi ne prends-tu en photo que des choses aussi sinistres?

A ses yeux, mes sujets de prédilection ne pouvaient paraître qu'étranges et singulièrement lugubres. Il était incapable de saisir la beauté qui réside dans une fleur écrasée ou le cadavre d'un animal.(...)

Pourtant il n'y avait aucune ambiguïté pour moi, je n'aimais pas la mort en soi. Je cherchais à capter quelque chose au sein même du processus de disparition. Car plus la vie s'approche de son terme, plus grandit l'intensité de chqaue instant, plus augmente la tension dramatique.

Extrait de Objectif de Hitonari Tsuji in 10/18

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