28 octobre 2007
L'écriture est cette part de notre existence que nous devons prêter à ce qui n'est plus
" Cache ta vie" exhortait déjà Epicure. Bien sûr, il faut accepter, lorsqu'on est l'unique spectateur de soi-même, que la mémoire de soi disparaisse avec soi. Il faut se résigner à ne pas laisser de trace, à n'entrer dans aucune histoire et, ayant vécu obscur, à mourir tout entier. Délivré de ce mirage qui fait croire que l'on peut survivre dans les mémoires, dépourvu de descendance et de postérité de toute sorte, je demeure là, épuisant mon temps en la seule compagnie de ce arbres que le givre, aujourd'hui disparu, a laissés à eux-mêmes.
Extrait de L'écriture des pins de Jean-Marc Ghitti in L'escampette Editions.
17:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, écriture, mémoire
21 octobre 2007
MODIANO L'HOMME FRAGILE
Vendredi soir, tandis que plusieurs millions de français couraient derrière le coq gaulois décidé à se faire dévorer par le puma argentin, sur France 5 Patrick Modiano nous contait à mots frêles et difficilement lâchés " je me souviens de tout".

55 minutes de bonheur qu'on aurait aimé transformer en heures.
Ce Modiano de 62 ans, tel qu'en lui-même.
Fragile et bégayant comme à 25.
Superbe!
10:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Modiano, Bernard Pivot
18 octobre 2007
Combien de livres
Petit à petit, la pièce rétrécit, jusqu'à ce que la voleuse de livres puisse atteindre les livres en quelques pas. Elle passa le dos de la main le long de la première étagère,écoutant le frottement de ses ongles contre la moelle épinière de chaque volume. On aurait cru le son d'un instrument de musique ou le rythme saccadé d'une fuite. Elle utilisa ensuite les deux mains et fit la course entre les rangées. Et elle rit à gorge déployée, d'un rire haut perché. Quand elle s'arrêta, un peu plus tard, elle recula et resta plusieurs minutes au milieu de la pièce, le regard allant des étagères à ses doigts et de ses doigts aux étagères.
Combien de livres avait-elles touchés?
Combien en avait-elle palpés?

Extrait de La voleuse de livres de Markus Zusak in Oh Editions
22:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Zusak, lecture
LA LECTURE
Voici une photo comme je les aime. Simple et belle. Mais tellement efficace. 
Et pour la retrouver parmi tant d'autres, voici le sésame
21:25 Publié dans Photographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, lecture, littérature
16 octobre 2007
Une fille bleu pervenche
La viande, comme les plus beaux bijoux des joailliers, était cachée. Le boucher heurta l'énorme quartier avant d'atteindre la glacière. Le doux tableau... Le jaune d'or, le rose thé, le rouge fuchsia, l'ocre foncé, étaient pris dans la graisse de boeuf. Le doux tableau se balançait comme linons et festons aux fenêtres.
Extrait de Ravages de Violette Leduc in Folio
18:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Violette Leduc
14 octobre 2007
Durablement DURAS
" Son tourment s'évanouit tout à fait. Il fit noir, d'abord doucement, d'une clarté qui mourait, puis violemment, d'un noir qui se répandait, s'étendait sur eux. La nuit n'était pas une chose lointaine et impalpable, mais une chose qui frôlait la peau; présence d'une énorme bête pacifique qui voulait lécher. Elle sentait l'ombre aussi au-dedans d'elle-même, lui occuper la gorge, l'empêcher presque de respirer"
Extrait de Les Impudents de Marguerite DURAS in Folio
09:55 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Marguerite Duras, écrire
Requiem pour une nonne

" Maintenant on pouvait se coucher dans un train à Jefferson et se réveiller le lendemain matin à la Nouvelle Orléans ou à Chicago. Dans presque toutes les maisons, sauf dans les cases des nègres, il y avait l'éclairage électrique, l'eau courante "
Extrait de Requiem pour une nonne de William Faulkner in Folio
00:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littératue, William Faulkner, écrire
13 octobre 2007
ORIGINAL
22:50 Publié dans Photographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie
Epouvante
" Et là dans cette froide pénombre, avec un faible scintillement dans la haute vitre et un autre sur le chêne ciré des marches, nous nous sommes regardés dans les yeux avec une intensité partagée. C'était en l'occurrence une présence absolument vivante, dangereuse, détestable."
Extrait de Le tour d'écrou de Henry James. Collection Librio Texte intégral
18:50 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Henry James, lire
Vous entendez cette voix et vous croyez en Dieu
" C'était une expression de l'essence divine. Je me rappelle son entrée en scène, au Met, dans Tosca. Il faisait trois pas vers la rampe et, avant qu'il ait ouvert la bouche, le public se levait en criant. Un dieu venait de paraître. Ce n'était pas une marque d'amitié artistique. C'état un laudate. Le théâtre devenait le temple de la voix. Le soleil entrait dans votre âme par les oreilles. La voix de Luciano Pavarotti était le soleil, et des soleils, il n'y en a qu'un"
Extrait de L'hommage de Cecilia Bartoli in Diapason Octo
bre 2007
18:25 Publié dans Musique Classique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Opréa, Pavarotti, Bartoli, musique classique



